The Ethiopians

The Ethiopians
The Ethiopians est un des groupes les plus appréciés de l'histoire du roots reggae. Créé en 1966 par les Jamaïquains Leonard Dillon, né en 1942, Stephen Taylor né en 1944 mais malheureusement décédé en 1975 et Aston Morris qui quitta le groupe dès 1966. C'est Peter Tosch qui a véritablement lancé la carrière de Léonard Dillon en le présentant à l'époque à Lee Perry et l'inévitable patron de Studio 1 Clément Dodd. Il sort à la suite de cette rencontre quatre titres dont un premier single « Ice Water » qui rencontre un petit succès. Pour les collectionneurs, il signe la chanson Jack Sparrow. Et comme souvent c'est le hasard qui va créer la légende. Se baladant dans les rues de Kingston, il entend deux jeunes hommes qui font des harmonies vocales et qui chantent sur un trottoir. Séduit il leur propose de s'associer pour fonder un groupe : les Ethiopians. De leur collaboration sort le single « Live Good » enregistré chez Studio 1 en 1966. La même année Aston Morris pas convaincu des bienfaits de leur association quitte le groupe et laisse les deux autres compères continuer. C'est principalement Leonard Dillon qui écrit les textes des chansons des Ethiopians. Il s'inspire de ses expériences du ghetto, il critique le racisme et parle de ce continent qu'ils ont dû quitter par la force des colonisateurs : l'Afrique... Lee Robertson va être séduit par le duo et décide de financer en 1967, le single « Train to Skaville » qui est leur premier gros tube. Ils enchaînent avec « The Whip » où pour la première fois sur morceau reggae on insère des percussions. Ils sortent en 1968 le single Everything Crash », qui devient un autre succès. Mais le business de la musique est terrible en Jamaïque et les deux hommes se font arnaquer. Ils ne perçoivent aucun argent sur leurs succès. Pas de droit d'auteurs. c'est ainsi que Stephen Taylor trouve un petit job chez un garagiste et qu'il trouve la mort renversé par une voiture. Leonard Dillon se retire de la musique quelque temps, n'arrivant pas accepter la mort de son pote. Deux ans plus tard, il recrée le groupe pour le producteur Niney the Observer. Puis il enregistre quelques titres en solo avant de faire quelques tournées en backing band. Dernièrement ils ont accompagné Max Roméo lors d'une tournée triomphale.
# Posté le jeudi 26 janvier 2006 09:29

Richie Spice

Richie Spice
Richie Spice est né en 1971 à Rock Hall en Jamaïque dans un environnement typiquement musical. En effet, sa famille a contribué à la création d'un pan de la musique Jamaïquaine, il est le fils d'artistes respectés de St-Andrew et ses 4 frères ont aussi mis la main à la pâte, parmi les plus connus on citera : Pliers bien reconnu sur la scène (en combinaison avec Chaka Demus), Spanner Banner auteur du morceau “Life Goes On” ainsi que le DJ dancehall Snatcha Dog.

Avant de travailler avec Clive Hunt, il débuta avec le producteur Dennis "Star" Hayes et sorti un Killing a sound, pas mauvais, mais qui ne rencontra pas le succès mérité. Avec Clive Hunt il sort “Time so Rough” et "Grooving my Girl” qui sont alors ses premiers succès, il décide de partir travailler avec sa soeur Bridgett sur le label Bonner Productions Ltd appartenant à son frère Pliers où il ressortira un premier album renommé « Universal » signé chez Heartbeat.

Dans le courant des années 90, il part en tournée avec Spanner Banner, Chaka Demus & Pliers ainsi qu'avec Rita Marley pendant sa tournée 96-97 en Europe et aux Etats-Unis. De plus en plus en vogue, ses prestations au Sting 2002 en Jamaïque ainsi qu'au Sting 2003 à Miami le font découvrir à un public encore plus large.
Le 14 janvier 2005 sort en France chez Nocturne son second album 'officiel' « Spice in your life ». Un album encensé par la critique ; le journal New-York Times le considère comme la sortie 2004, The Los Angeles Times le consacre comme l'un des meilleurs albums de l'année tout style confondu et en Jamaïque, le journal The Observer estime que Richie Spice est l'artiste et le chanteur de l'année. Une telle reconnaissance n'est pas tombée du ciel, mais est le résultat d'un réel travail musical sur ses dix dernières années. En effet, beaucoup disent que son succès actuel était déjà envisageable à l'écoute de son ancien tune « Earth a Run Red's » qui est ressorti sur l'album Universal. Une vision de son environnement qui frappe juste et qui rend sa chanson prophétique d'une apocalypse proche, entraînante comme un hit estival, déconcertant !

Aujourd'hui Richie Spice, membre du 5th Element Crew s'apparente comme une de ses pièces maîtresses, fer de lance de cette nouvelle génération d'artiste en direct de Jamaïque. C'est Chuck Fenda qui le fit rentrer dans le 5th Element par la rencontre avec Devon Wheatley où ce dernier prit pleine conscience du talent et du potentiel musical de Richie Spice. C'est ainsi que Devon Wheatley réinvesti dans ce son et que l'on put voir le morceau « Earth a Run Red's » conquérir le top du chart jamaïquain 2004, un coup de maître.

Richie Spice :
« Quand vous chantez des chansons positives, le succès viendra, peut-être plus lentement, mais il se manifestera tôt ou tard ».
# Posté le jeudi 26 janvier 2006 09:31

K2R Riddim

K2R Riddim
L''histoire commence en 1992 dans le 95 à Cergy. Trois potes (Thierry, Loïc et Thibault) forment le trio à la base de K2R. De fil en aiguille le trio s'agrandit et de nouveaux membres arrivent dans le groupe. Vers 1997, ils décident tous ensemble que leur répertoire sera ensoleillé...jamaïcain. A partir de ce moment une véritable structure va se monter autour du groupe pour justement le rendre viable à long terme. Les membres de K2R vont gérer leur truc en indépendants comme ils l'entendent. Champions de l'auto production, l'ensemble de leur discographie, ils ne le doivent qu'à eux-mêmes et à leur talent. Leur premier album sort en 1998 « Carnet de Roots » qui va se vendre à plus de 10 000 exemplaires en quelques mois. Auto produit et très bien conçu, cet album est venu donner une impulsion de plus au reggae français. Il montre le potentiel prometteur de chacun des membres du groupe. Les textes sont aussi bien en français qu'en anglais ou en linguala. Le fait d'utiliser différentes langues vient enrichir la musicalité. Chez K2R on retiendra plus la forme que le fond. Les thèmes sont sympas, pas particulièrement militants mais intègres, ils écrivent avec une touche d'humour noir pas déplaisante (La discrimination, Politika, Consommer avec modération) et prône la positive vibe (Limbisa, Music Vibes, Losambo). C'est dommage qu'un groupe autant habitué aux foules ne prennent pas plus souvent position....Just One [rasta du groupe] montre leur le chemin...Je préfère me pencher sur l'instru et les arrangements musicaux qui eux valent vraiment le détour ! Ils en ont du talent et ce sont de très bons musiciens. Comme le dit l'une des pages internet qui les concerne : « Ne vous attendez pas lors d'un de leur concert à danser mollement d'un pied sur l'autre ! » Ils affectionnent le ska (Take the Ska Train), le rocksteady et les rythmes africains, créoles...et le dub (Horns in the moon). On ne peut pas dire qu'ils font dans le roots reggae mais ils savent très bien le faire aussi. Non K2R, c'est une ambiance concert brûlante, une atmosphère bon esprit, hyper positif où chacun s'exprime, où on « Big Up » les solos, où on jump toute la soirée et ...où on imite URoy ( ?) non, c'est pas pour être méchant mais l'influence a ses limites, cela dit le chanteur l'imite très bien sur Woman's love. Grande originalité du groupe, l'introduction du violoncelle dans leurs compos (Dub en Do mineur), à part Third World que j'avais vu reprendre « Rastaman Chant » au violoncelle, je ne me souviens pas avoir souvent vu ça, et en plus c'est réussi ! Une solide section basse/batterie cartonnent sur les steppers, les raggas, et autres rythmiques affolant à la fois le c½ur et les jambes !

Le niveau est bon chez K2R, faut dire qu'ils ont une expérience béton de la scène. En 1999 (l'année du reggae français) ils partent pour leur première tournée nationale, ils feront plus de 200 concerts entre 1999 et 2000 dont le Garance Reggae Festival à Bercy en juin 1999 après avoir raflé le premier prix d'un « tremplin rock ». En 1999 encore on les voit à l'émission Nulle Part Ailleurs sur Canal + et on peut les croiser tout l'été dans les festivals, le K2R Riddim résonne de plus en plus loin ! De toute cette expérience sur scène, sort un « Live » où on retrouve ces ambiances de feu. En 2000 une société de production et d'édition se crée autour de K2R Riddim : Aïlissam (Massilia à l'envers - siège social de la Sté). Distribué par Wagram, K2R Riddim insiste sur sa liberté et ne veut pas tomber dans les rouages de l'industrie du disque pour être sur-médiatisé un jour et oublié le lendemain. Gardant la tête froide le groupe sort son deuxième album en 2001 « Appel d'R » qui va être bien accueilli par tout le monde. Le résultat est encore meilleur. Les partis pris artistiques sont les mêmes dans le sens où on trouve du rocksteady, du reggae, du ska, du dub mais le tout est encore mieux maîtriser, le mix est de meilleur qualité et des morceaux sortent vraiment du lot par la réussite d'exécution. Le feeling jazzy jamaican est toujours là et K2R repart à l'assaut des scènes françaises pendant l'été 2002. On a pu les voir notamment aux Solidays en juillet. Sur leur site internet officiel que je vous invite à visiter, y est écrit le but premier du groupe : « concilier qualité artistique et développement à long terme, choix personnels et indépendance ». K2R Riddim nous a pour l'instant offert un beau voyage au c½ur de 50 ans de musique jamaïcaine, ils ont prouvé qu'ils connaissaient ce répertoire mais attention : dire que K2R Riddim est un groupe de reggae est faux et franchement réducteur pour décrire leur style musical. Encore un ORDI (Objet Reggae Difficilement Identifiable) du reggae français. K2R c'est une belle histoire pleine de rencontres, de kilomètres et de « serrage de coudes », une aventure humaine et musicale.
# Posté le jeudi 26 janvier 2006 09:33

Aswad

Aswad
Fondé en 1975 par Georges Oben, bassiste disparu en 1980 et remplacé par Tony 'Gad' Robinson, le groupe réunit Brinsley 'Dan' Forde né en 1952 en Guyane, Donald Griffiths né en 1954 en Jamaïque et
Angus 'Drummie Zeb' Gaye né à Londres en 1959. Aswad signifie noir en arabe. Mais Aswad c'est aussi un groupe mythique qui reste dans l'histoire du reggae et dont les morceaux sont gravés à jamais dans les mémoires. Premier groupe de reggae anglais à signer chez une major, Island en l'occurrence, leur premier single fut « Back to Africa » en 1976. Premier succès, vite suivit de « Three Babylon » qui dénonce l'attitude des policiers anglais face à la jeunesse noire britannique. Pour les amateurs d'anecdotes, c'est eux qui assurent le backing band de Burning Spear lors de son live au Rainbow en 1977, disponible chez Island. Mais il back également Bob Marley... Ils quittent pourtant assez vite Island pour voler de leurs propres ailes. en 1979, après une tourné en Afrique et Jamaïque, ils sortent leur second album : « Hulet ». Puis ils signent chez CBS Record et produisent « New Chapter » et « Not satisfied » qui ne restent pas de l'avis général comme leur meilleurs albums. C'est véritablement en 1983 et avec la sortie de leur album live : « Live and direct » enregistrés lors du Carnaval de Nothing Hill, qu'ils vont mettre tous les amateurs de reggae d'accord. le titre « Chasing for the Breeze » tiré de leur album suivant connaîtra un véritable succès. Travaillant d'arrache-pied, ils vont être abonés au premières places des Charts britanniques. En 1989, il parte enregistrer un nouvel album où il collabore avec Shabba Ranks et Steely and Clevy. Leur dernier album « Rise and Shine », sorti en 1994, leur permet de renouveler leur public et de toucher la nouvelle génération. Fort d'une quinzaine d'albums, Aswad a été un digne représentant du reggae anglais et a ouvert de nombreuses portes pour des groupes comme Steel Pulse...
# Posté le jeudi 26 janvier 2006 09:35

Kaya

Kaya
Né le 10 août 1960 à Roche-Bois, quartier pauvre au Nord de la capitale Port-Louis, Joseph Réginald Topize, dit Kaya, est, comme son nom le suggère, un fan inconditionnel de Bob Marley. Au début des années 80, il est encore un obscur guitariste qui accompagne des gens comme Lélou Ménoir et quelques autres chanteurs engagés, dans des fêtes populaires. Mais Kaya se nourrit avant tout de rastafarisme et de reggae, un genre musical très populaire à Maurice, à cette époque.

C'est vers le milieu de la décennie 80 que le déclic se produit : adaptant le rythme binaire du reggae au rythme ternaire du séga, il invente le seggae, musique qui sera par la suite popularisée par Ras Natty Baby. En 1989, Kaya sort sa première cassette, "Seggae nou lamizik", enchaîne tournée sur tournée dans l'océan Indien. Après un long séjour au purgatoire, Kaya obtient la consécration en 1990 avec une tournée à la Réunion, en compagnie de son groupe Racinetatane. Le seggae devient alors ce raz-de-marée qui a submergé les Mascareignes.

Suivent les cassettes "Seggae man" en 1991 et "La pé universel" en 1993, puis "Racine pé brilé". Quelques autres groupes se lancent dans la danse, comme les Natty Rebels, rastas purs et durs qui se convertissent à cette véritable religion naissante. Le seggae devient, du même coup, une sorte de rédemption de la musique locale et un catalyseur pour les nouveaux genres. En 1996 Kaya réalise les albums "Zistwar révoltant" et "Chante Marley". La même année, il réenregistre en numérique trois de ses premiers succès, "Simé la lumière", "Ras kouyon" et "Chante l'amour", qui ne seront mastérisés qu'en septembre-octobre 1997 à Paris, pour sortir en CD-3 titres intitulé "Mo la misik", produit par Clément Duret de Déclic-Réunion.

Il meurt le dimanche 21 février 1999 dans sa cellule de prison (il avait été arrêté à la suite d'une manifestation pour la dépénalisation de la ganja). Kaya laisse à la postérité une musique qui a révolutionné le son local.
# Posté le jeudi 26 janvier 2006 09:58