Ziggy [David] Marley (chanteur et guitariste) né le 17-10-1968 à Kingston, Jamaïque;Stephen Marley (chanteur), né le 20-04-1972 à Londres, Angleterre;Sharon Marley Prendergast (choriste), née le 23-11-1964 à Kingston; Cedella Marley (choriste), née le 23-08-1967 à Kingston.
Fils de Bob Marley. Composée de quatre enfants de Bob Marley, cette formation a connu dès 1988 aux Etats-Unis un succès bien plus grand que celui du père grâce à un reggae léger et mélodieux ouvert à l’influence du hip-hop.
Des douze enfants connus de Bob Marley, seuls Cedella, Ziggy et Stephen sont le fruit de son union légitime avec sa choriste Rita. Sharon, première fille naturelle de cette dernière, est adoptée par le couple Marley dès son mariage en 1966. Elevés d’abord dans le dur ghetto de Trench Town à Kingston, les enfants voient le succès international de leur père en 1975 modifier leur destin. Entourés de musiciens, comme beaucoup de Jamaïcains, ils sont très précoces, jouent de la musique dès leur plus jeune âge et accompagnent souvent leurs parents en tournée. Fin 1979, loin du circuit des sound systems et des producteurs où la compétition est très forte, les quatre frères et soeurs forment les Melody Makers alors que la carrière de leur père est à son zénith. Ils enregistrent «Children Playing In The Streets», un premier 45 tours composé pour eux par Bob Marley, qui le grave pour sa marque Tuff Gong. On les voit danser avec lui sur scène à plusieurs occasions, comme à la cérémonie d’indépendance du Zimbabwe en 1980. Après les 45 tours «Sugar Pie» et «Trodding» en 1980, ils sont sur scène avec leur mère et les Wailers aux obsèques nationales de Marley en 1981.
En 1981, Rita hérite de l’immense fortune du chanteur et entame à son tour une carrière solo qui produira plusieurs succès. Le 45 tours «What A Plot», chanté par Ziggy et publié l’année suivante sous la marque Rita Marley Music, est un succès dans l’île. La voix du jeune prince ressemble beaucoup à celle de son prophète dc père, ce qui frappe les consciences de l’île avec force. Manquant encore d’un style personnel, le premier album des Melody Makers, le prometteur et commercial Play The Game Right, publié en 1985 chez Tuff Gong (distribué par EMI), recueille tous ces premiers enregistrements où le quatuor vocal est entièrement accompagné par les musiciens de Bob Marley. En 1986, ils publient Hey World! (EMI) avec Sly & Robbie. Ils manquent encore de maturité, mais leur signature avec les disques Virgin donne Conscious Party, réalisé par Tina Weymouth et Chris Frantz de Talking Heads en 1987. Ancré comme toujours dans la foi rastafari, l’album contient le reggae «Tumblin’ Down», leur premier gros succès américain. De son vivant, leur père rêvait de réussir aux Etats-Unis, mais, malgré le classement de son album Rastaman Vibration dans les dix meilleures ventes en 1976, il n’y avait jamais véritablement obtenu une chanson à succès. Les Melody Makers, eux, sont constamment en tournée mondiale : Ziggy interprète alors beaucoup de chansons de son père sur scène, même si, à l’arrivée, il en a enregistré très peu.
Il faut attendre One Bright Day (1989) pour que le groupe consolide quelque peu ses faiblesses de composition et signe des chansons comme «Black My Story». On y entend les véritables débuts de Stephen, qui chante dans le style DJ (rap) pour «Look Who’s Dancing». L’album Jahmekya (Virgin, 1991) contient le «Rainbow Country» du père. Joy And Blues (Virgin, 1993), considéré par beaucoup comme le meilleur album des Melody Makers, contient notamment la chanson «Garden», qui est un gros succès radiophonique sur Irie FM en Jamaïque. Pour ne plus être boudé par les sound systems, Ziggy grave plusieurs dub plates - gravures uniques où il reprend des chansons de son père pour des DJ locaux, ce qui est très bien accueilli. Joy And Blues révèle aussi le talent de Stephen, qui chante là son «Rebel In Disguise», souvent considéré comme le meilleur de tous les enregistrements du groupe. La notoriété aux Etats-Unis et une nouvelle maison de disques lui font négocier un virage artistique avec Free Like We Want 2 B (Elektra, 1995). Les influences du hip-hop et de la pop américaine se font progressivement sentir, alternant désormais avec le reggae. Les deux soeurs choristes prennent le micro pour le reggae «Today», et Stephen récidive avec le réussi «Tipsy Dazy» qui brille dans ce disque. Il participe à un enregistrement et à une vidéo (où l’on voit aussi Ziggy et ses soeurs) de «No Woman No Cry» avec les Fugees, tandis que son demi-frère Rohan, champion de football américain, a un enfant de leur chanteuse Lauryn Hill.
Trois autres demi-frères, Kymani, Damian et Julian Marley, proches des Melody Makers, ont entamé parallèlement une carrière de chanteurs, très présents sur la scène internationale. Mais leurs premiers disques, très marqués par l’image de Bob Marley, n’ont pas pour autant l’envergure de ceux de leurs frères et soeurs aînés. Avec Fallen Is Babylon (1997), les Melody Makers ont laissé de côté les rythmes reggae proprement dits (le «Long Long Winter» de leur père est même ici repris sur un rytlune hybride). Ce revirement déroute le public, notamment en France, où l’on comprend mal que les enfants de Bob Marley enregistrent une pop américaine parfois peu inspirée. La maturité de Ziggy lui permet néamnoins quelques réussites, notamment le «People Get Ready» de Curtis Mayfield, adapté en reggae, comme l’avait déjà fait son père (une seconde version du même titre figure dans ce même CD, cette fois sur un rythme plus hip-hop).